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vendredi 23 février 2007, 10h39
CONAKRY (AFP) - Le président guinéen Lansana Conté a demandé à l'Assemblée nationale de prolonger vendredi l'état de siège décrété du 12 au 23 février pour tenter de mettre fin à une vague de contestation qui secoue le pays depuis le 10 janvier. Dans le même temps, une mission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao, 15 pays) a été dépêchée jeudi à Conakry pour y rencontrer syndicats et autorités, reflétant l'inquiétude croissante de la communauté internationale face à la situation en Guinée.
Le statu quo se poursuivait jeudi entre les syndicats du pays, qui ont lancé le 10 janvier un mot d'ordre de grève largement suivi, et des autorités déterminées à prolonger un état de siège qui accorde de nombreux pouvoirs à l'armée. "Nous avons reçu du président de la République une demande de prolongation de l'Etat de siège", a annoncé jeudi le président de l'Assemblée nationale Aboubacar Somparé à la Radio-télévision de Guinée (RTG).
"Ca ne veut pas dire que cela est décidé, il faut que les députés en débattent, mais l'objectif est uniquement la sécurité de la population, pour leur permettre de vaquer à leurs occupations en toute quiétude", a ajouté M. Somparé. Les députés guinéens ont été invités à participer vendredi matin à une session plénière pour décider ou non de la prolongation de cette mesure, qui est assorti d'un couvre-feu de 18H00 à 06H00 locales et GMT. L'Assemblée nationale, seule habilitée à prolonger l'état de siège décidé par décret présidentiel pour 12 jours, est dominée par le Parti de l'unité et du progrès (PUP) du président Conté, qui compte 90 députés sur 114. La Guinée est en proie depuis janvier à des troubles déclenchés par une grève générale illimitée et des manifestations hostiles au pouvoir orchestrées par les syndicats, mais réprimées par les forces de l'ordre et qui ont fait au moins 113 morts. Les syndicats refusent jusqu'à présent de lever leur mot d'ordre de grève, lancé le 10 janvier et réactivé le 12 février, tant qu'ils n'auront pas obtenu le remplacement du Premier ministre Eugène Camara, jugé trop proche du chef de l'Etat, ainsi que la levée de l'état de siège. Mercredi, M. Somparé avait affirmé que l'état de siège serait prolongé si les grévistes ne mettaient pas fin à leur mouvement d'ici vendredi. Cette situation inquiète au plus haut point au-delà des frontières, notamment en raison de la menace que représente cette crise pour l'équilibre de la région, et une mission de la Cédéao (15 pays), a été dépêchée à Conakry jeudi. L'ancien chef d'Etat nigérian Ibrahima Babangida et le président de la Commission de la Cédéao, Mohammed Ibn Chambas, sont arrivés en fin de matinée dans la capitale guinéenne, où ils doivent rester jusqu'à samedi soir. "Je suis très optimiste (...) Je suis convaincu que cela sera résolu politiquement", a déclaré M. Babangida après avoir été reçu par le Premier ministre, estimant que l'entretien avec ce dernier avait été "très utile". Selon une source proche de la délégation, les deux émissaires devaient rencontrer jeudi et vendredi des responsables du gouvernement, des diplomates, des religieux, des représentants des syndicats et des partis politiques avant de s'entretenir samedi avec le président Conté. Cette mission, la deuxième de l'organisation régionale en moins d'une semaine, a reçu le soutien de la France et des Nations unies, qui ont souhaité voir le pays retrouver la stabilité. L'état-major de l'armée française a annoncé le départ vendredi de Dakar d'un bâtiment de la marine française, le Sirocco, vers les eaux internationales au large de la Guinée, où il sera prêt à intervenir en cas de nécessité. Le bâtiment avait appareillé de Toulon le 15 février.
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